lundi 2 juin 2008

Périple







Et voila le dernier samedi du mois de mai qui débarque sans crier garde !

Malgré une météo peu clémente, j’ai choisi un itinéraire peu recommandé pour l’ocaz. Je me suis dégoté un trajet bien sympa qui me permet de faire un bon tour au alentour de la Soufrière en découvrant la Chute du Galion, puis de rejoindre la Citerne par la Trace de l’Armistice avant de rentrer tranquillement vers Bains jaunes par la savane à mulets (oui je sais, pour un non-initié, ça fait beaucoup de nom. Mais c’est pour vous motiver à venir voir de quoi il en retourne …

J’ai donc garé ma C3 à Bains jaunes et suis partis en direction de la chute du Galion par un chemin plutôt facile. Il m’a fallu 40 minutes pour l’atteindre via un chemin très facile. Une bonne mis en jambe en somme. Une belle et puissante chute qui s'écrase avec force dans son bassin réceptacle avant de serpenter entre les rochers. Alors que je me désaltérais en regardant un morceau de ciel bleu, j'ai fait preuve de trop d'optimisme. J’avais oublié la rapidité du changement de temps dans cette partie de l’île… En entendant la pluie arrivée, je me suis dépêché de rejoindre la forêt. C’était le seul moyen que j’avais pour me vêtir de mon K-way et d’organiser mon sac avant que ce tout soit mouillé. Ce n’est pas une pluie qui va arrêter un aventurier de ma trempe !!!

Mais bon, l’aventurier que j’étais n’a pas pu empêcher la Nature de le tremper bien comme il faut … La forêt n’a fait que retarder l’inévitable …

J’ai donc continué mon chemin par la trace de l’Armistice.



Une belle trace qui permet de s’immerger (c’est exactement le mot quand on a voit le temps que je le suis tapé!) dans la forêt. Une forêt qui semble sortir de la nuit des temps ! Si primitive et si puissante !! Faut le vivre pour le comprendre je pense … Cette trace est tellement raide que par endroit, une corde a été installée pour permettre une progression. J’ai donc empoigné la Guadeloupe à pleine main pour avancer, saisissant la terre, les troncs où les racines pour avancer à travers un entremêlas de végétation couverte de mousses. Levant les genoux au niveau de la poitrine, j’ai avancé, suivant le tracé de l’eau qui coule, qui coule, qui coule …

Au bout d’une heure de marche, j’atteignais enfin la Citerne qui est plus petite que je l’imaginai. N’empêche, c’est un drôle d’endroit, tout rond avec un bassin au milieu …












Mais ça fait quand même un drôle d’effet de voir les nuages jouer à m’empêcher de distinguer le fond du cratère… Heureusement, le temps de faire le tour (15 minutes), les nuages étaient partis …

Mais d’autres arrivaient …

J’avais prévu de revenir jusqu’au pied de la Soufrière et de rentrer. Mais, à peine parti de la Citerne, voila un panneau indiquant le refuge de la Citerne à une demi-heure. Comme il me restait un morceau de pain-jambon à manger, je me suis diriger vers ce refuge inconnu de ma carte … Au bout de 15 minutes, voyant le chemin viré au sauvage (il est devenu tellement petit que mes deux pieds, parfois, ne pouvaient cohabiter au même endroit sans tomber dans une flaque), j’ai eu envie de rebrousser chemin. Mais la signalisation m’a poussée à continuer malgré tout.















La pluie s’est mis a tomber très fort. Je marchais avec de l’eau jusqu’au chevilles. Je ne parle même pas du chemin recouvert de végétation qu’il fallait écartée pour passer. Du coup, les feuilles mouillées qu’il fallait traversées m’ont complètement trempé, et je ne pu m’empêcher de pousser un cri de soulagement en voyant le toit du refuge apparaître. Je suis resté à cet endroit magique le temps de me réchauffer et de me restaurer. J’ai aussi eu le temps de me rendre compte du privilège qu’il m’était donné d’être là et me suis dis que j’y reviendrai accompagné à coup sûr !!!!!!!!

Je passerai une nuit ici, c’est dit !

Une fois que j’en ai eu le courage, j’ai revêtis mes vêtements détrempés pour rejoindre ma voiture qui se trouvait à plus d’une heure de marche du refuge, bravant l’eau, le vent et le froid... (ouais on dirait vraiment que la vie est dure ici quand on me lit …).

Le chemin est parsemé de beaux spécimens d’orchidées sauvages et m’a fait avancé au milieu d’un ruisseau … Merci la pluie …

Il n’empêche malgré la fatigue et la pluie, je suis assez fier d’avoir fait ce trajet. J’ai quitté ma voiture à 11h40 et ne l’ai retrouvé qu’à 16h15 … Mon plus long périple !! Et sous la flotte !! Je m’en souviendrai de cette boucle, soyez-en sûr. Et je la conseillerai à tous ceux eux qui en ont le courage.

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